Publié le 2025-12-16T14:00:37-05:00

Bonjour à vous,
C’est avec émotion et gratitude que je m’adresse à vous aujourd’hui, alors que s’achève mon parcours des huit (8) dernières années à la présidence de l’Ordre des chimistes du Québec. Ce chapitre de ma vie professionnelle prendra officiellement fin le 31 mars prochain, conformément aux dispositions du Code des professions, qui limite à trois le nombre de mandats qu’un président peut exercer.
Quelle meilleure façon de clore cette étape importante que de célébrer, avec vous, le centenaire de notre Ordre ?
Centenaire de l’Ordre
En effet, je n’aurais pu rêver d’une conclusion plus mémorable à mon mandat. L’année 2026 représentera un jalon historique : 100 ans d’excellence, d’innovation et de contribution à la protection du public. C’est donc avec beaucoup de joie que je vous convie à nous rejoindre le mercredi 11 mars 2026, de 12h30 à 23h, au Marriott Courtyard de Brossard, pour vivre un moment unique de festivités, de découvertes et de partage de notre fierté collective.
Actualisation de la Loi sur les chimistes professionnels
Si célébrer notre centenaire est un moment de grand bonheur, il nous rappelle également avec acuité que notre loi constitutive a, elle aussi, 100 ans! Cet âge vénérable engendre des failles importantes dans la protection du public, failles que l’Ordre souligne et documente depuis plusieurs années.
L’arrivée de M. Jean Boulet, ministre du Travail, à titre de ministre responsable de l’application des lois professionnelles, a marqué un tournant dans nos efforts. À la suite de sa nomination automnale, nous avons intensifié nos relations gouvernementales, afin de souligner concrètement les conséquences de la désuétude de la Loi sur les chimistes professionnels pour la protection du public. Parallèlement, nous avons maintenu consciencieusement nos rencontres de suivi avec l’Office des professions du Québec.
Nous sommes heureux de constater à quel point les autorités rencontrées comprennent les enjeux en cause et manifestent un véritable désir d’œuvrer à la recherche de solutions. Si le chemin et le calendrier précis restent à définir, les progrès réalisés au cours des dernières semaines sont encourageants et témoignent d’une avancée notable par rapport à ce que nous avons vécu par le passé.
Initiatives terrain de rencontres et d’échanges
Pour mieux comprendre les réalités du terrain et renforcer la compréhension de notre rôle dans la société, l’Ordre a entrepris cet automne plusieurs initiatives de rencontres et d’échanges.
Nous avons commencé par une tournée auprès des principaux services d’incendies du Québec (Montréal, Québec, Longueuil). Ces rencontres nous ont permis de documenter des situations concrètes en matière de gestion des matières dangereuses, de recueillir des observations de terrain et d’illustrer de manière tangible les enjeux liés à notre loi inadaptée à la réalité contemporaine. Les constats issus de cette tournée ont ainsi alimenté et renforcé nos échanges auprès des autorités gouvernementales, en donnant corps aux failles que nous voulons voir corrigées pour améliorer la protection du public.
Nous avons poursuivi notre démarche par une visite à la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour (SPIPB), afin d’approfondir notre connaissance de la filière batterie et des projets de valorisation des minéraux critiques et stratégiques, ainsi que pour dialoguer sur le rôle respectif de nos organisations.
Enfin, nous avons amorcé une tournée des universités offrant des programmes en chimie et en biochimie, afin d’échanger sur les efforts réalisés par l’Ordre au cours des dernières années et de mieux connaître la spécificité de chacune. Ce fut un réel plaisir de passer du temps de qualité pour mieux découvrir les universités qui préparent la relève scientifique.
Positionnements publics
L’Ordre a récemment attiré l’attention des élus sur la nécessité de préciser, dans le projet de loi no 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires, les missions confiées au Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et au Centre de toxicologie du Québec (CTQ). Le transfert de ces laboratoires vers Santé Québec constitue un changement institutionnel majeur. L’Ordre a fait valoir qu’un laboratoire ultraspécialisé n’est pas simplement un générateur de résultats : il évolue dans un écosystème complexe d’expertise et de compétences qui permet d’accéder à des connaissances scientifiques de haut niveau, pour les transformer en actions concrètes qui protègent la population.
Par ailleurs, l’Ordre s’est prononcé sur la sécurité des produits achetés en ligne sur des plateformes étrangères, car ils présentent des risques pour la santé, notamment en raison de la présence de formaldéhyde, un cancérigène reconnu. L’Ordre a invité les consommateurs à la prudence et à la vigilance quant à l’origine et à l’innocuité des produits, tout en questionnant le rôle des autorités pour empêcher l’entrée de ces marchandises sur le marché québécois.
Enfin, l’Ordre a interpellé le ministre de la Sécurité publique sur l’élaboration du règlement prévu à l’article 11 de la Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres (LSCRS). Cet article prévoit notamment la production d’une déclaration de risque par les personnes dont les biens ou activités peuvent être à l’origine d’un sinistre. L’Ordre a souligné l’importance de coordonner les compétences et les outils de toutes les personnes intervenantes afin que cette déclaration constitue un véritable outil de communication et de protection du public. L’Ordre a offert son expertise en ce sens.
Valorisation du titre de chimiste et de biochimiste
En terminant, la période des Fêtes étant propice à la gratitude, je souhaite exprimer mes remerciements pour deux initiatives récentes.
La première concerne une consultation menée par l’Office des professions du Québec portant sur l’actualisation des définitions de l’évaluation et du diagnostic dans le domaine de la santé, ainsi que sur l’établissement d’un socle commun de compétences interprofessionnels. L’Ordre a été invité à y participer, après avoir veillé avec constance à ce que l’expertise des biochimistes cliniques soit reconnue à sa juste valeur dans les discussions sur l’évolution des pratiques professionnelles en santé. Nous remercions chaleureusement l’Office pour son ouverture et sa volonté de faire entendre notre voix dans cet exercice majeur de modernisation.
Nos remerciements sincères s’adressent également à l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA). Nous avons eu le grand plaisir de collaborer avec cet ordre afin de rejoindre, au moyen d’une campagne d’information ciblée, des CRHA œuvrant dans des secteurs d’activité clés en chimie et en biochimie. Cette initiative vise à rappeler aux entreprises qu’embaucher un membre de l’Ordre constitue à la fois une exigence de conformité, une valeur ajoutée organisationnelle et un levier de protection du public. En effet, dans de nombreuses organisations, les activités liées à la chimie et à la biochimie sont essentielles, alors que les fondements et les raisons de l’encadrement légal de la profession demeurent encore méconnus. La campagne prendra son envol sous peu et nous aurons l’occasion de vous en reparler.
Pour conclure, alors que nous prenons un temps de pause bien mérité, il est agréable de regarder le chemin parcouru cette année et de remercier chacun de vous pour votre contribution à notre mission. Ces moments d’appréciation nous invitent naturellement à célébrer avec nos proches et à envisager la nouvelle année avec optimisme. Je souhaite donc à toutes et à tous un beau temps des Fêtes, rempli de moments chaleureux avec vos proches et de bonheur partagé.
Cordialement,
Michel Alsayegh, chimiste
Président de l’Ordre